Clashez-moi dans la variet'
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Au risque de passer pour un rabat-joie, je viens apporter de l'eau au moulin des critiques aiguisées de la soirée des Follivores, dont c'était la première de la rentrée le samedi 9 septembre.
Petit rappel pour les néophytes : les Follives se déroulent une fois par mois au Bataclan de 00h à l'aube. Moyennant 17 euros avec une conso. la salle de concert se transforme en piste de danse géante aux sons des chansons françaises les plus diverses : on passe allègrement de Corinne Charby à la Compagnie Créole ou aux tubes plus récents comme Leslie ou la bien nommée Najoua Belyzel.
Un concept dit décalé pour une soirée ne fonctionnant que sur le bouche à oreille, sa visibilité étant quasi nulle ailleurs. Me voilà donc parti à cette soirée, la curiosité mise en avant par les commentaires passionnés qu'on m'avait fait.
Je ne peux que vous faire partager mon sentiment mitigé sur cette soirée, oscillant entre le délire formaté et le sévèrement ringard.
Bon j'ai lâché le mot qui fâche. Mais attention, ce n'est pas un jugement de valeur sur le public, quand je dis ringard, je parle de l'organisation, des moyens mis en oeuvre que je trouve à la limite du je m'en foutisme le plus total.
Après plus de trois heures, le constat est rude : on ne peut en effet pas parler de radicalité jouissive. Ici la musique s'enchaîne à la façon de votre petit cousin Lionel, tout content de découvrir qu'enchaîner Zazie et Calogero, cela forme un univers musical de dix minutes. Le reste de la soirée est donc à la mesure de ce que pourrait faire votre petit cousin : pour la déco une gerbe de ballons fera l'affaire. Pour la lumière, surtout pas trop d'effets, un joli balayage continu et deux trois ambiances rouges et vertes et le tour est joué. Pour l'animation on engage les tontons déguisés en fées clochettes pointant leur baguette sur tout ce qui bouge. Mais si, c'est drôle et décalé voyons! Ah, j'oubliais l'écran géant type bowling du coin qui diffuse des pubs locales.
Allez j'arrête un peu d'être médisant, le réel problème ce n'est donc pas d'entendre Claude François ou Thierry Hazard, c'est surtout le manque d'identité de la soirée. Avec ce genre de setlist, on imaginerait bien une déco flamboyante kitsch, des animations chorégraphiées, une piste éclairée pop outrancière façon plateau télé de Champs-Elysées, bref de l'allure! Malheureusement on se contentera de la disposition seule du Bataclan et du clubbing à son degré le plus élémentaire : il fait chaud, on est serrés, le tiers de la salle est torse-poil et s'éclate mollement.
Dans le même style, à Lyon, je regrette presque le Medley. Ah, la piste de danse de la taille de ma chambre, sa musique tout aussi variét d'en bas, ses clients improbables, le tout au sous-sol d'un PMU. Comme qoi, ce n'est pas parce qu'une soirée est plus grande en termes d'espace et de public, qu'elle a plus de caractère.
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