Skins

Publié le par Lilian


Si la grève des scénaristes se poursuit outre Atlantique, on aura pas grand chose à se mettre sous la dent pour cette saison en matière de séries télévisées puisque les studios arrivent à l'épuisement de leurs inédits en décembre. Alors que faire, camarades séries addict? Un petit tour en Grande-Bretagne pardi! Canal+, qui flaire souvent les bonnes affaires, diffuse dès le 6 décembre tous les jeudis à 22h45 la série "Skins".

Classée d'emblée comme culte, trash et novatrice et créée par Bryan Elsey et Jamie Brittain, ce format de 9x52 minutes tente de dépoussiérer le genre "drama teen" sur une recette pourtant très éculée. Elle narre les mésaventures d'un groupe d'ados de Bristol plutôt middle class ayant pour leader Tony, gueule d'ange arrogante et manipulateur dans l'âme. Les personnalités sont affichées d'emblée, frôlant parfois la caricature : le puceau maladroit, la bourge excitée, le beau gosse machiavélique... Ce sont finalement les personnages de Maxxie et Cassie, très marqués sur le papier (le premier est un gentil gay et la deuxième est la dépressive anorexique droguée) qui échappent aux dialogues faussement punchy et gagnent un capital sympathie fulgurant.

Après vision du pilote, on se dit que "Skins" a le mérite de pousser un peu plus loin le vice de ses personnages : oui, ils fument, ils vendent de la drogue, ils boivent de la vodka, couchent (ou tentent de coucher) etc... mais le traitement reste celui d'une fiction classique limite plan-plan. En comparaison avec d'autres "dramédies" anglaises comme Queer as folk (qui date quand même de 1999) possédait une fraîcheur, un franc-parler et un réalisme que "Skins" peine à attendre, sur le fond. Et quant à la forme, pour ceux qui connaissent "As if" -2001- (en français "Et alors", multidiffusé sur MCM) ceux-là seront bien déçus par la pauvreté des montages, du choix de la bande-son et des parti-pris de réalisation. Pourtant, on a très envie après le pilote de laisser une chance "Skins" : on voit se dessiner les prémices d'une intrigue teintée de lutte des classes, qui poussée dans ses retranchements serait le meilleur moyen d'absorber le côté branché et faussement réaliste de la série pour la transformer en véritable chronique sociale ado.

SKINS (9x52 minutes)
Channel 4 (2008, saison 2)
Canal+ (6 décembre 2007, saison 1)

Publié dans Séries TV

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